Le Groupe Vadel

Le 5 avril 1994 disparaissaient deux icônes du rock et l’une allait éclipser l’autre. Kurt Cobain, Jésus sacrifié du grunge et récente star de Nirvana quittait la planète en même temps que Lee Brilleaux, chanteur brillant de Doctor Feelgood, le groupe anglais qui allait redonner au Rock and Roll une nouvelle vie dès 1974.

Sans vouloir faire d’analogie prétentieuse avec ces illustres personnages, un an avant venait au monde un gamin qui dès son plus jeune âge n’aurait de cesse de vouloir devenir lui aussi un de ceux qui comptent dans l’histoire en perpétuel mouvement du rock.

D’origines multiples, Adam Vadel voit le jour en 1993 à Poissy. Poussé par sa mère, il connait le conservatoire à l’âge de 6 ans où il y apprend la trompette  et d’autres instruments saugrenus. Le piano s’avère celui qui lui plait le plus. Il voudrait jouer de la batterie mas il n’y a que des percussions.

Ses premiers amours musicaux s’affichent du côté du funk et de la soul : Ray Charles, Michael Jackson, James Brown, Prince, Sly and the Family Stone.

En CM2, il découvre les Ramones et AC/DC qu’il adore. Dès la 6ème, il commence la guitare – qui deviendra très vite son instrument de prédilection - et fonde son premier groupe en espérant trouver une fille au chant. Finalement, Adam s'empare du chant et commence à jouer dans les caves et les garages comme des milliers de groupes l'ont fait avant lui. C'est lors d'une répétition dans un vrai studio (Studio Bleu) que le jeune groupe est repéré par un proche de Philippe Manoeuvre. Ce dernier, convaincu, les programmera pour une soirée des Rock and Roll Fridays du Gibus. Vadel sera le plus jeune groupe à participer à l'un de ces illustres rendez vous.

Convaincu à juste titre que son fils possède un certain don pour la musique, son père  participera à l'élaboration et l'enregistrement d'un premier album autoproduit très prometteur. Adam a alors 13 ans et ne tarde pas à faire ses preuves de guitariste.

L’album est double et contient une reprise du « I was made for loving you » de Kiss. Il ne sera pas distribué officiellement mais aura le mérite de servir de carte de visite et d’intéresser les professionnels. Il donnera également à Vadel l’occasion de passer dans le Grand Journal de Canal +.

Pour Adam, né après le dernier mouvement significatif qu’ait connu l’univers du rock (le grunge), le rock conserve toutes ses secrètes racines et potions diverses.

Certains se demanderont surement pourquoi un gamin d’aujourd’hui choisi ce courant musical sexagénaire plutôt que le R&B, la dance ou la bourrée auvergnate. Vadel le sait lui qui n’a jamais vécu les moments épiques qui ont traversé l’histoire de cette musique. Le rock est la musique de la rupture, de la liberté, d’une chaine énergétique qui ne se rompt jamais et passe d’une génération à l’autre.

Il veut imprimer sa jeune marque dans les traces de ses initiateurs et du classic rock sans gène ni forfanterie. Se glisser dans la nacelle du Zeppelin ou les vapeurs d’Aerosmith, renifler la poudre des Guns et le parfum des Roses comme eux suivaient le vol du bourdon et les indications du Crossroad mis en musique par les pères fondateurs du Blues et leurs enfants de Memphis ou britanniques.

Vadel le groupe écrit et joue sa propre partition pour ceux de sa génération  et il y a fort à parier que de nombreux fidèles viendront rejoindre cette nouvelle colonne de l’armée binaire.

Le premier véritable album de Vadel vient avant tout de plusieurs formidables histoires d’amour. Celle entre un père et son fils, celle du fils avec la musique qui lui a ouvert les yeux sur le monde et celle qu’il a envie de continuer à partager avec le public des concerts.

Vadel n’est plus seulement le nom de Adam mais celui d’un vrai groupe constitué de 3 jeunes musiciens de son âge qui excellent dans l’exercice de leur instrument et donnent à la formation une cohésion étonnement rare.

Dès l'intro et le riff décapant de "Laisse aller", Vadel, le groupe, ne lâche pas l'auditeur et envoie ses pépites comme autant d'hymnes générationnels incroyablement accrocheurs et percutants (« Ca n'arrivera pas », « J'ai cet air dans la tête », « Je tiens la route »).

Derrière les brulots conduits comme des chevaux emballés, le disque recèle aussi quelques accalmies bienvenues permettant de reprendre son souffle (« Drama queen »).

L’album contient 10 titres et ne joue donc pas la carte de la surenchère dans le nombre de chansons et la longueur des titres. Le groupe privilégie l’efficacité et dans cette optique, le disque n’est pas sans rappeler le premier album de Téléphone. Fraicheur, spontanéité et un sens ludique du jeu s’affichent au programme.

Enregistré entre juillet  et septembre 2009 par Jean-Do Grossard au Studio Polydor et Laurent Gueneau chez Ferber, l’album a été mixé au Brooklyn Recording Studio à NYC  par Nick Sansano (bien connu en France pour son travail avec No One Is Innocent, IAM, Noir Désir et Sonic Youth) et masterisé au Sterling Sound de  NYC par Greg Calbi.

 

Ce qui est certain, c’est que les dix titres de l’album sauront trouver un écho chez les gens de sa génération et que personne ne pourra leur faire le reproche de ne pas être en phase avec leur époque et leurs pairs. Pour les plus vieux et en paraphrasant un célèbre slogan de Ted Nugent, on pourrait ajouter : « si ça ne vous plait pas, c’est que vous êtes trop vieux … »

 

17 ans et déjà majeur….


						
						


	
	

Un commentaire

  1. Adam Vadel A La Guitare | Improvisations | Interview says:

    [...] les concerts de Vadel sur son site et sa page Facebook. Mais surtout suivez ce jeune musicien qui a commencé sa carrière à onze [...]